Maigrir: AprĂšs l’IsomĂ©ride et le PondĂ©ral, les complications cardio-vasculaires du Sibutral
Les rĂ©sultats dâune Ă©tude Ă long terme montrent une augmentation du risque de complications cardiovasculaires et une efficacitĂ© modeste chez les patients traitĂ©s par SibutralÂź (sibutramine), mĂ©dicament anti-obĂ©sitĂ©. Ces rĂ©sultats ont conduit lâAgence EuropĂ©enne du mĂ©dicament (EMA) Ă recommander la suspension de son autorisation de mise sur le marchĂ©. LâAfssaps recommande aux prescripteurs de ne plus instaurer ou de renouveler de traitement par sibutramine. Les patients actuellement traitĂ©s sont invitĂ©s Ă consulter sans urgence leur mĂ©decin pour discuter de la conduite Ă tenir et peuvent, sâils le souhaitent, arrĂȘter leur traitement Ă tout moment.
La sibutramine est commercialisĂ©e en France depuis juin 2001 sous le nom de SibutralÂź (1). Il sâagit dâun traitement d’appoint dans le cadre d’un programme visant Ă contrĂŽler le poids des patients prĂ©sentant une obĂ©sitĂ© nutritionnelle et un indice de masse corporelle (IMC) supĂ©rieur ou Ă©gal Ă 30 kg/m2. Il est Ă©galement indiquĂ© chez les patients prĂ©sentant un excĂšs pondĂ©ral nutritionnel avec un IMC supĂ©rieur ou Ă©gal Ă 27 kg/m2 associĂ© Ă d’autres facteurs de risque liĂ©s Ă l’obĂ©sitĂ©, tels qu’un diabĂšte de type 2 ou une dyslipidĂ©mie. La prescription initiale annuelle est rĂ©servĂ©e aux spĂ©cialistes et/ou aux services spĂ©cialisĂ©s en endocrinologie et maladies mĂ©taboliques, en cardiologie, en mĂ©decine interne. Le renouvellement nâest pas restreint.
Par ailleurs, lâimportation, la prĂ©paration, la prescription et la dĂ©livrance des prĂ©parations magistrales contenant de la sibutramine ont Ă©tĂ© interdites en France en juillet 2007, par dĂ©cision du directeur gĂ©nĂ©ral de lâAfssaps.
En dĂ©cembre 2009, les rĂ©sultats prĂ©liminaires de lâĂ©tude SCOUT (Ă©tude SCOUT â Sibutramine Cardiovasculaire OUTcomes trial*) analysĂ©s par lâEMA semblaient indiquer une augmentation du risque de complications cardiovasculaires, notamment chez des patients prĂ©sentant des facteurs de risque.
LâEMA vient dâachever lâanalyse des rĂ©sultats de lâĂ©tude SCOUT, qui a inclus 9805 patients suivis pendant plus de 5 ans. Les rĂ©sultats montrent un risque plus Ă©levĂ© de complications cardiovasculaires (accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ou crise cardiaque) chez les personnes traitĂ©es par sibutramine par rapport Ă celles ayant reçu un placebo. La majoritĂ© des personnes incluses dans lâĂ©tude prĂ©sentaient des antĂ©cĂ©dents cardiovasculaires correspondant aux contre-indications mentionnĂ©es dans le RĂ©sumĂ© des CaractĂ©ristiques du Produit (RCP). Cependant, dans la mesure oĂč les personnes obĂšses ou en surpoids prĂ©sentent un risque cardiovasculaire accru par rapport Ă la population gĂ©nĂ©rale, lâEMA a considĂ©rĂ© que les rĂ©sultats de lâĂ©tude pouvaient ĂȘtre extrapolĂ©s aux conditions normales dâutilisation de la sibutramine. Par ailleurs, la perte de poids sous sibutramine sâest rĂ©vĂ©lĂ©e modeste dans cette Ă©tude, et souvent, ne sâest pas maintenue aprĂšs lâarrĂȘt du traitement.
Ces nouvelles donnĂ©es ont conduit lâEMA Ă considĂ©rer comme dĂ©favorable le rapport bĂ©nĂ©fice risque de la sibutramine et Ă recommander Ă la Commission EuropĂ©enne de suspendre lâautorisation de mise sur le marchĂ© des spĂ©cialitĂ©s contenant de la sibutramine…la suite ICI
(1) commercialisĂ© dans d’autres pays sous le nom de Reductil
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[...] Une autorisation étonnante
Reste que l’on peut se demander pourquoi la sibutramine, produit par la firme amĂ©ricaine Abbot, a Ă©tĂ© autorisĂ©e en Europe puis en France, quelques annĂ©es seulement aprĂšs l’interdiction, en 1997, d’autres coupe-faim comme l’IsomĂ©ride (dexfenfluramine) et le PondĂ©ral (fenfluramine). Toujours Ă cause d’effets secondaires sur les systĂšmes pulmonaires et cardio-vasculaires.
Pour l’instant, seul le Xenical (orlistat) de Roche reste disponible sur le marchĂ© avec Alli (GlaxoSmithKline), sa version sous-dosĂ©e, vendue depuis cet Ă©tĂ© sans ordonnance contre l’avis de la France et de l’Allemagne, qui avaient Ă©mis de fortes rĂ©serves. Ces mĂ©dicaments n’ont toutefois pas le mĂȘme mĂ©canisme d’action puisqu’ils agissent sur l’absorption des graisses et non sur le systĂšme nerveux central comme la plupart des coupe-faim. Leurs effets secondaires se limitent Ă des diarrhĂ©es et des dĂ©sordres digestifs.
Marc Menessier : http://www.lefigaro.fr/sante/2010/01/23/01004-20100123ARTFIG00334-un-medicament-contre-l-obesite-suspendu-.php
